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Lycée : Le fond c’est l’histoire

lundi 23 juin 2014.

Enseignant : Denis Dufour, lycée d’Arsonval, Brive.
Niveau : Seconde Arts plastiques Facultatif (3h).

Le compte-rendu de ce travail mutualisé est organisé en 4 points :

  • Un point de réflexion et de synthèse d’une approche pédagogique du film d’animation dans une classe de Seconde Arts plastiques (enseignement Facultatif [3h].
  • La présentation de quelques productions d’élèves.
  • Les savoir-faire : apprentissages création infographique et montage numérique (tutoriels).
  • L’exposé de références artistiques contemporaines en lien avec la séquence : P. Parenno - A. Séchas - J. Opie - V. Barre et S. Sautour.

Axe de réflexion

- Définition
Le récit consiste à raconter des faits, de sorte à les rendre perceptibles au destinataire : il rend visible l’invisible, présent l’absent. Forme de la narration, il introduit le langage dans l’action : l’action de raconter génère une dynamique des signes linguistiques sur l’axe de l’espace et du temps. Cette dynamique ouvre le langage écrit et oral à d’autres formes de langages corporels (théâtre, chorégraphie), visuels (arts plastiques, photographie, cinéma), acoustiques (musiques, sons). Le récit anime le langage en entrechoquant et en fusionnant les langages : il est une forme du langage animé.

- Problématique
Le récit consiste en une narration d’événements réels ou imaginaires. Cette narration insère dans une durée des événements eux-mêmes insérés dans une durée propre : la durée du récit se superpose à la temporalité des faits racontés. Le récit constitue une trame temporelle plus ou moins complexe, à partir de la succession, la concomitance, l’ellipse, la valeur temporelle des choses narrées. Le récit anime le temps en superposant et en enchainant les temporalités des choses narrées et des langages (écrit, oral, corporel, visuel, acoustique) qui les expriment.

- Outil
L’outil numérique est un moyen pour obtenir une représentation. Cette définition figurée du terme « outil » libère l’outil informatique de son approche factuelle dans les usages pédagogiques du cours d’arts plastiques et conduit à le concevoir comme un médium. Passer de l’outil numérique au médium numérique amène les notions de support et langage intermédiaires au cœur des usages du numérique. Le film d’animation numérique articule récit et temporalité dans une structure ouverte du médium : un langage complexe qui implique des actions coordonnées complexes de pensée, de réalisation et d’expression.

- En lien
La Biennale de Lyon : édition 2013.
Cette édition présente des artistes qui travaillent dans le champ narratif et expérimentent les modalités et les mécanismes du récit. L’exposition met au premier plan l’inventivité des artistes contemporains pour raconter autrement des histoires, en défaisant les codes narratifs mainstream, les mises-en-intrigue prêtes à l’emploi.
Lien : http://2013.labiennaledelyon.com

Lettre TICEedu N°11 : L’image et le temps.
Un dossier consacré aux rapports entre l’image et le temps : les questions de l’image-temps dans le cinéma, la photographie, la peinture et dans la performance, mais également, sur un plan théorique, les relations de l’image à l’histoire et au présent. Il s’agit, en outre, de questionner l’apport des technologies récentes aux débats sur la temporalité des images aujourd’hui.
Lien : http://eduscol.education.fr/arts/ticedu/ticedu-arts-septembre-2013

Esquisse pédagogique


La conception de cette séquence articule récit, temporalité et médium informatique ; vise les capacités de l’élève à imaginer une courte histoire, réaliser un très court film d’animation expérimental en relative autonomie, exprimer et présenter une production numérique en classe.

- Consulter la fiche correspondant à cette séquence : LiEN

- Consulter la fiche de lexique : LiEN

- Voir l’animation de Julian Opie : LiEN


Productions d’élèves

Récit

Il était une fois, un homme, qui marchait à travers un brouillard épais. soudain cette fumée fut soulevée en un point. De ce point jaillit un poing, rejoint point longtemps après, en un autre point, par un autre poing.
Ces deux poings disparurent en leurs points respectifs. mais l’un d’eux se pointa à nouveau, muni d’un pinceau.
Il esquissa sur la brume une fine ligne noire, la pointillant.
Puis parodiant sa précédente action, disparut, puis reparut, muni à présent d’une paire de ciseaux.
Ceux-ci ciselant le nuage, laissèrent glisser un liquide fluide, hors de celui-ci.
le liquide envahit l’espace.
Enfin, se trouant de partout, point par point, celui ci disparut, laissant l’espace pur.
Qui sait, peut être le brouillard envahirait-il l’espace dans peu de temps ?
(trois petits points)

Scénarimage


- Production d’élève réalisée avec les logiciels Photoshop et iMovie.


Récit

C’est l’histoire d’un homme qui jouait de la guitare dans la rue pour gagner sa vie. Un autre homme passe sans s’arrêter et le guitariste continuait quand même de jouer. C’est alors que celui-ci se fit assassiner par un homme vêtu de rouge.
L’homme décida de s’enfuir et disparut du champ de vision de notre promeneur. Un peu plus loin, il retrouve le tueur derrière les barreaux. Il continue son chemin, passe devant un commissariat et aperçoit un policier serrer la main au fantôme du guitariste. Le promeneur continua sa route sans se retourner.

Scénarimage


- Production d’élève réalisée avec les logiciels Photoshop et iMovie.


Récit

L’histoire se passe dans un musée où tout à coup se mettent à pousser
diverses plantes qui grimpent, qui grimpent, qui grimpent… Elles ne cessent de grimper et au fur et à mesure apparaissent d’immenses fleurs violettes. Ces fleurs se déplacent alors pour se regrouper et former une immense pastille violette. La pastille se met à se remplir de noir qui finit par recouvrir toute sa surface. Tout à coup une tête puis un corps, puis des bras, puis des mains, puis des jambes se dessinent les uns après les autres. On peut voir une petite fille aux contours blancs et à la peau noire, elle fait coucou de la main, mais n’obtient aucune réponse… En conséquence vers le bord de la bulle noir pour la percer, ainsi se déverse alors le noir dans le monde entier. À la fin il ne reste que la bulle avec la petite fille qui finit par exploser en une gerbe blanche puis plus rien...

Scénarimage


- Production d’élève réalisée avec les logiciels Photoshop et iMovie.


Savoir-faire

- Accéder au tutoriels Photoshop : LiEN

- Accéder au tutoriels iMovie : LiEN

Pour approfondir

- Tutoriel de présentation du logiciel : vidéo 12’.


- Tutoriel « Animer des photos avec iMovie : vidéo 10’.



Références artistiques contemporaines

Alain Séchas, Petits films d’animation, 1995
Vidéo couleur sur DVD
Film d’animation composé de 22 séquences, 29’17’’

Pour ses Petits films d’animation, Alain Séchas utilise la technique du dessin animé, en partant de formes simples issues du quotidien (allumettes, outils, ustensiles ménagers...) auxquels il applique une succession de transformations. Les séquences graphiques et musicales, teintées d’humour plus ou moins noir, jouent ainsi avec la mobilité et la métamorphose du dessin, dont les figures se font tantôt menaçantes, tantôt joyeuses et drôles. L’artiste parvient, dans une grande économie de moyens, à une sorte de chorégraphie des silhouettes, à une étonnante poétisation du quotidien et à un effet de magie à la fois formelle et imaginaire.
« J’avais envie de prendre le contre-pied de la technicité déployée par l’art vidéo. Ces films ne racontent rien, leur « scénario » se réduit à une petite suite d’images, et pourtant il en résulte du plaisir pour le spectateur. Plaisir de la surprise et de la devinette quand il s’aperçoit, par exemple, que les Mousquetaires ont été réalisés avec des allumettes filmées directement sur la table lumineuse. Je me suis bien sûr souvenu de Méliès en faisant ces films. Il m’intéresse tout autant que Fernand Léger, lui qui était un magicien et a inventé toutes les catégories du cinéma. Ces effets de magie, je les recherche aussi dans les sculptures (...) »
Alain Séchas, dans « Alain Séchas : si c’est beau, c’est beau pour tout le monde », Art Press, n°212, avril 1996, p.26-34, entretien avec C. Francblin.

- Voir un extrait : LiEN

- Les notions en jeu : LiEN


Philippe Pareno, Anywhere out of the world, 2000
Les films, les vidéos et les installations de Philippe Parreno traduisent principalement à travers la forme de la narration, de la fiction, un même enjeu : la représentation et ses significations. À travers une image ou une idée, qu’elle soit issue du champ médiatique ou du champ artistique, ce sont les procédures de fabrication et de légitimation qui sont à l’œuvre qu’il interroge, ainsi que les cheminements qui s’opèrent dans le passage d’un champ à l’autre et qui en modifient la nature et le sens. En 1999, Philippe Parreno et Pierre Huyghe achètent le personnage d’Ann Lee (caractère manga en deux dimensions) à une société japonaise qui fournit aux éditeurs de l’industrie du manga le dessin des personnages ainsi que leur profil psychologique, du héros au simple figurant destiné à disparaître au bout de quelques pages. Choisie sur catalogue comme une marchandise, Ann Lee, femme-enfant, est rachetée, libérée de l’industrie culturelle et réinvestie par le champ artistique. Anywhere out of the world (2000) en est la première « version », sorte de conte moderne proposé par Philippe Parreno. Image virtuelle (redessinée en 3D), simple coquille vide (d’imaginaire mais pas de sens), Ann Lee raconte (dans la langue internationale du business) non pas une histoire telle que l’on pourrait l’attendre d’un personnage de fiction mais son histoire en tant que produit destiné à faire vendre. Cette histoire critique (mais aussi tragique de la jeune fille dont l’enveloppe charnelle fait l’objet d’un commerce) met à jour et démonte l’ensemble des mécanismes économiques qui sous-tendent l’industrie de l’image (du cinéma aux jeux vidéo), matérialisés dans l’installation de l’artiste par le poster à l’effigie de la star (réalisé par les graphistes M / M), la moquette, le son Dolby Surround, comme autant d’éléments indispensables du marchandising promotionnel et de la mise en condition du consommateur de divertissements (pas uniquement) « culturels ». Héroïne contemporaine virtuelle, en attente d’une biographie, d’un scénario ou d’une histoire, on retrouve Ann Lee dans la vidéo No ghost just a shell de Pierre Huyghe et dans Ann Lee in anzen zone de Dominique Gonzalez-Foerster.
© SOURCE : frac-poitou-charentes.org

- Voir un extrait : LiEN


Virginie Barré et Stéphane Sautour, Rouge total, 2001, 4’
Le court métrage d’animation Rouge-Total de Virginie Barré et Stéphane Sautour déroule avec lenteur des images tout à la fois violentes, oniriques et mystérieuses. Ces créations mettent en évidence le formidable réservoir de violence contenue des jeux vidéo, défouloir sans limite que l’attitude physique passive et recroquevillée du "gamer" ne laisse pas transparaître.

Résumé : le sommeil d’un enfant semble amorcer la fiction d’un thriller surréaliste en dessin animé aux accents kubrickiens. Quelque part entre « Shinning » et « Nicky Larsson », se jouant avec finesse des clichés du genre, « Rouge total » nous plonge dans une intrigue où se mêlent étrangeté, tension, suspense…

- Voir un extrait : LiEN


Julian Opie, Films, 2013
L’artiste anglo-saxon démultiplie portraits et silhouettes synthétisés, obtenus en scannant ses photographies et courts métrages. Sur des aplats de couleurs vives se découpent, par de larges cernes noirs, des expressions schématisées et des corps parfaits, qui parfois répètent inlassablement le même geste. Son travail inspiré en partie par Patrick Caulfield et Michael Craig-Martin, met en jeu la réduction (par ordinateur) de photographies en reproductions figuratives. Dans ses portraits, le visage est caractérisé par de larges traits noirs, des aplats de couleur et des détails minimes jusqu’à réduire l’oeil au rond noir de la pupille. Sa série Imagine you are... montre comment des activités comme conduire, marcher ou grimper peuvent être représentées par de simples réductions. Ils [les Petits films d’animation] sont réalisés de manière très artisanale, avec ma seule énergie du moment mise au service d’effets magiques.

- Films 2013 : Lien > http://www.julianopie.com/#/artwork/film/2013

 
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