Thème 2- Comment la richesse se crée-t-elle et se répartit-elle ?
Article mis en ligne le 11 décembre 2020
dernière modification le 12 janvier 2021

par Jamila Khaddam-Ellah

THEME 2 - Comment la richesse se crée-t-elle et se répartit-elle ?

Cette page contient un ensemble de recommandations pédagogiques pour traiter le thème 2 du programme de première de la spécialité économie ainsi que des liens vers des ressources pédagogiques.

Objectifs pédagogiques : La richesse d’une nation est évaluée par les organismes statistiques (l’Institut national de la statistique et des études économiques ou INSEE, en France) à partir du produit intérieur brut (PIB). Ce produit est le résultat de la combinaison productive des facteurs de production. D’autres indicateurs peuvent venir compléter l’information fournie par le PIB. Plusieurs points de débats doivent être abordés : les évolutions différenciées des PIB entre les pays, les évolutions dans le temps, les évolutions de pouvoir d’achat, les limites de la mesure de la richesse nationale par le simple PNB.

Après avoir étudié ce thème, l’élève sera capable :

  • d’identifier les différents facteurs de production (input) qui vont engendrer une production (output) ;
  • d’identifier la différence entre un input (investissement en recherche et développement par exemple), et un output (brevet ou nouveau produit innovant) ;
  • de définir les notions de productivité et de gain de productivité ;
  • d’analyser l’évolution des gains de productivité ;
  • de calculer la valeur ajoutée dans des cas simples ;
  • de distinguer les revenus en fonction de leur origine ;
  • de comprendre qu’un individu ou un groupe d’individus peut être rémunéré du fait de son travail, de ses connaissances, diplômes, de ses qualifications et de sa détention de capital (épargne, logement, entreprise) et que, donc, son revenu va être mixte ;
  • d’analyser le partage de la valeur ajoutée à partir d’un graphique.

PROGRAMME ET RECOMMANDATIONS PEDAGOGIQUES
THEME 2 - Comment la richesse se crée-t-elle et se répartit-elle ?

Une notice d’accompagnement pour les professeurs sur les notions étudiées dans le thème 2
Notice indicative thème 2
Cette notice d’accompagnement est destinée aux professeurs. Il ne s’agit en aucun cas de ressources à utiliser avec les élèves. Elles vise plutôt à partager le cadre théorique et les éléments factuels permettant de mieux maîtriser les notions parfois nouvelles figurant dans ce programme. Elle est destinée en particulier aux collègues qui n’ont pas à l’origine une formation économique, ou dont cette formation peut être lointaine.

Pour chaque sous-thème vous trouverez ci-dessous :

  1. Le programme avec le contexte et les finalités de chacun d’entre eux.
  2. Les indications complémentaires : conseils didactiques et pédagogiques.
  3. Des ressources pédagogiques.


Recommandations pédagogiques pour le sous-thème 2.1. La combinaison des facteurs de production :

2.1. La combinaison des facteurs de production

Indications complémentaires - conseils didactiques et pédagogiques :
Dans le prolongement de la notion de production présentée dans le thème 1, il s’agit de montrer qu’à un instant donné, seule une quantité limitée de biens et services peut être produite dans le monde, en fonction des ressources disponibles qu’il est convenu d’appeler facteurs de production.
Les ressources en travail dépendent d’éléments quantitatifs et qualitatifs. Elles sont, en effet, constituées par le temps que consacrent les individus à l’activité économique mais également à leur qualification professionnelle, leur expérience, leur motivation. Le professeur insiste donc sur la notion de capital humain car celui-ci concourt à la productivité globale des facteurs.
Le capital est un terme générique qui englobe l’ensemble des actifs matériels et immatériels mis en œuvre dans la production, dont l’accumulation résulte de l’investissement. Dans les comptes de la nation, la notion de Formation Brute de Capital Fixe est l’instrument de mesure de l’investissement. Il convient donc de définir cette notion (sans entrer dans le détail de son mode de calcul) et d’insister sur les investissements immatériels (brevets, licences, dépenses de recherche…) qui sont indispensables aux entreprises dans un contexte concurrentiel mais qui restent difficiles à mesurer.
Les ressources naturelles sont à appréhender en tant que facteurs de production et non sous l’angle du développement durable (qui sera étudié dans le thème 9).
Enfin, pour combiner les facteurs de production avec efficacité, il convient de maîtriser l’information interne et externe et de construire un savoir collectif tant scientifique que technologique qui permettra de soutenir l’investissement immatériel.
Pour un même niveau de production, il existe une multitude de combinaisons des facteurs de production. L’étude doit donc permettre d’expliquer les notions de complémentarité des facteurs de production (et notamment grâce à l’accumulation du capital humain) et de substituabilité du capital au travail en raison du progrès technique.
L’efficacité de la combinaison productive est appréhendée à partir de la notion de productivité globale des facteurs. Mais il est important que le professeur distingue la notion de productivité, de celle des gains de productivité. Il convient donc de rechercher les différentes sources de gains de productivité, notamment en faisant référence au déploiement des technologies de l’information et de la communication dans l’économie.
Les gains de productivité ont une dimension microéconomique :
une meilleure combinaison des facteurs de production, par un nouvel arbitrage entre le capital et le travail, améliore la production des entreprises. À cette occasion, il est important de préciser qu’ils ont également un rôle macroéconomique en permettant l’élévation du niveau de vie moyen d’une population.

Contexte et finalités
Notions
La production d’un bien ou d’un service nécessite le recours à plusieurs facteurs de production.
Cette combinaison de facteurs est contrainte par la quantité de facteurs disponibles dans chaque économie et par leurs coûts.
Cette combinaison évolue et est optimisée par la diffusion des technologies, des nouvelles organisations du travail ainsi que par l’amélioration du capital humain et de l’accès à l’information.
Les facteurs peuvent contribuer plus ou moins intensément à la production.
L’efficacité de leur contribution est mesurée par la notion de productivité.
Les gains de productivité sont étroitement liés à l’investissement en capital humain et au progrès technique, ainsi qu’à une meilleure organisation des facteurs de production disponibles.
Les facteurs de production primaires et secondaires : le travail, le capital, les ressources naturelles,l’information.
Le capital humain.
La substitution ou la complémentarité de facteurs de production les uns par rapport
aux autres au sein de la fonction de production.
Le rôle de l’investissement dans l’accumulation des facteurs.
La productivité globale des facteurs et gains de productivité.

Ressources sur la combinaison des facteurs de production

Notions
Ressources
Productivité des facteurs un dossier complet sur le site de l’INSEE avec un article "Productivité du travail et du capital : une mesure renouvelée au niveau de l’entreprise" et des données fournies sur un tableur.
Dossier INSEE - La productivité


Données INSEE
La productivité du travail Une vidéo Dessine moi l’économie « Temps de travail et productivité : Les Français travaillent-ils moins que les autres ? »
On entend parfois dire que les travailleurs français seraient plus paresseux que leurs voisins, mais cette réputation est-elle vraiment justifiée ? Faut-il forcément travailler longtemps pour être productif ?
Cette vidéo de 3 minutes va vous permettre de comprendre comment la durée du travail est mesurée, mais aussi à quoi correspond la productivité du travail et comment elle est calculée… Vous découvrirez également comment la France se positionne sur ces deux indicateurs au plan international
Texte de la vidéo
Schéma de la vidéo
La production et la crise liée à la COVID 19 Une vidéo "Dessine moi l’économie" Une crise économique est généralement provoquée par une diminution importante soit de l’offre soit de la demande de biens et services. Mais la crise sanitaire liée au nouveau coronavirus a combiné ces deux effets de manière rapide et simultanée.

La crise liée à la Covid 19 et la production


Schéma Crise Covid et économie



Les facteurs de production Une séquence pédagogique sur le site du CRCOM => "Que veut dire être productif" ? Le Crcom met à disposition le dossier professeur dans l’espace corrigés.
Séquence Crcom - la productivité
La combinaison des facteurs de production Une activité interactive : Quiz sur la combinaison des facteurs de production réalisée par J. Grard (Académie de Montpellier)
Pour accéder à l’activité interactive,attendre l’affichage de l’animation puis suivre les consignes.

Recommandations pédagogiques pour le sous-thème 2.2. La mesure de la production et ses prolongements :

2.2. La mesure de la prodution et ses prolongements

Indications complémentaires - conseils didactiques et pédagogiques : La valeur ajoutée mesure la production propre d’un agent économique c’est-à-dire la valeur de sa production après déduction de ses consommations intermédiaires de matières premières et autres produits ou services fournis par d’autres agents.
Au niveau macroéconomique, le PIB est un indice agrégé que l’on obtient par calcul et qui mesure la richesse produite à l’échelle d’un territoire. C’est le principal agrégat décrit par le tableau économique d’ensemble (TEE) de la Comptabilité nationale.
Le professeur peut se limiter au mode de calcul suivant du PIB qui montre le lien essentiel avec la valeur ajoutée : l’approche par la production
(PIB = somme des valeurs ajoutées + impôts sur les produits – subventions sur les produits) retenue par l’INSEE.
Le taux de croissance du PIB mesure l’accroissement des richesses et doit être étudié dans une perspective de moyen ou long terme car PIB et taux de croissance du PIB servent comme indicateurs comparatifs de performance des pays, nuancés par le poids relatif de la population (PIB / habitant).
Le professeur montre les lacunes du calcul du PIB notamment celles relatives à la prise en compte de la production non marchande et explique la constitution de nouveaux indicateurs de richesse permettant de mieux rendre compte du bien-être social et de son évolution tel que l’Indice de développement humain.

Contexte et finalités
Notions
La création de richesse est évaluée par la valeur ajoutée produite par les agents économiques. Celle-ci est égale à la différence entre le prix de vente du bien et le coût des consommations intermédiaires rentrant dans la composition de ce bien. L’absence de prix peut rendre difficile le calcul de la valeur ajoutée des productions non marchandes, qui sont néanmoins utiles pour la société.
La richesse produite à l’échelle d’un territoire est évaluée par le Produit intérieur brut (PIB). Le PIB peut être calculé comme la somme des valeurs ajoutées augmentée des impôts moins les subventions sur les produits.
Le PIB par habitant reste le principal critère pour mesurer la richesse d’un pays, et le taux de croissance du PIB pour mesurer le dynamisme économique d’un pays et comparer les pays entre eux. Cet indicateur peut être prolongé par des mesures plus globales comme l’indicateur de développement humain (IDH), mesuré par les organisations internationales.
Les agrégats économiques : la valeur ajoutée et le Produit intérieur brut (PIB).
Production non marchande. Indicateurs
complémentaires au PIB : Indice de développement humain (IDH), etc. La statistique nationale et la comptabilité nationale.
Le calcul du PIB.

Ressources sur la mesure de la production et ses prolongements

Les agrégats économiques : la valeur ajoutée et le PIB Une séquence proposée surEduscolavec des objectifs calculatoires sur la valeur ajoutée.
Fiche Eduscol - Utiliser les données de la Comptabilité Nationale
Le PIB Une vidéo "Le PIB, c’est quoi ?" réalisée dans le cadre d’un partenariat entre l’Insee et l’Académie de La Réunion et appartient à la série « Explique-moi l’éco ».

Le rôle de l’INSEE Vidéo proposée par le service pédagogique de l’INSEE (téléchargeable au format MP4 sur leur site.

La comptabilité nationale et le travail domestique Le travail domestique n’est pas pris en compte par la comptabilité nationale. Pourtant, il contribue à la richesse d’un pays.
Selon l’Insee, le travail non rémunéré effectué dans la sphère familiale représenterait en France un tiers du PIB et même plus de 40% si on prenait une définition large du travail domestique. Une application sur le site de Citécovous invite à calculer la valeur de vos activités domestiques et propose des compléments d’information élaborés par l’Insee.
Les indicateurs de richesse d’un pays Une animation proposée par Citéco qui permet de visualiser sur une carte du monde la position des pays en fonction de l’indicateur sélectionné : PIB, PIB par habitant ou IDH.
Les indicateurs de développement économique et social Citéco propose une animation qui permet de "faire parler les données" (notions de corrélation, causalité et analyse de graphique) à partir de 4 indicateurs collectés par la Banque mondiale dans 184 pays.
Débat sur la mesure de la production Une vidéo des JECO « Les statistiques au défi de la crise » - Conférence organisée le 19 nov 2020
La demande de chiffres a été très forte tout au long de la crise, dans un contexte où leur production a été plus complexe qu’à l’accoutumée. Comment ces chiffres ont-ils continué à être fournis et ont-ils bien rendu compte de ce dont il fallait rendre compte ? Ces questions concernent à la fois le matériau de base à partir duquel travaillent les statisticiens, et les produits finaux qui en dérivent. Doivent-ils délaisser les sources de données traditionnelles au profit des données non conventionnelles que la crise a conduit à expérimenter de manière plus systématique ? Et la crise offre-t-elle de nouveaux arguments pour mettre en cause des indicateurs usuels de suivi de l’économie, tout particulièrement ceux que produit la comptabilité nationale ? La sortie de crise et la recherche d’un nouveau régime de croissance donnent-ils de nouvelles raisons de vouloir changer de baromètre ? Allons-nous avoir besoin de moins ou au contraire de davantage de comptabilité nationale, combinée à d’avantage d’indicateurs alternatifs ?

Recommandations pédagogiques pour le sous-thème 2.3. La dynamique de la répartition des revenus :


2.3. La dynamique de répartition des revenus

Indications complémentaires - conseils didactiques et pédagogiques : Tous les revenus distribués dans l’économie sont issus directement ou indirectement de la production. L’élève doit comprendre qu’une première répartition s’effectue à l’occasion même du processus de production, c’est la répartition primaire de la valeur ajoutée.
Les revenus primaires se composent des revenus d’activité et des revenus du capital et de la propriété. Il conviendra de montrer qu’un agent économique peut percevoir plusieurs types de revenus primaires. Par exemple, un salarié perçoit un salaire mais peut également recevoir des intérêts liés à ses placements ou des loyers liés à ses propriétés.
Le cas des revenus mixtes permet d’illustrer la difficulté de distinguer les revenus de différentes natures, dans le cas de l’entrepreneur individuel.
L’étude des revenus introduit également la question du partage de la valeur ajoutée entre les différents agents économiques. D’un point de vue méthodologique, il convient de prendre appui sur un graphique récent de répartition de la valeur ajoutée et d’analyser l’évolution de cette répartition.
Le professeur montre qu’il y a des enjeux très importants dans le partage de la valeur ajoutée (entre salariés, propriétaires et l’État), aussi bien sur le plan économique que sur le plan social.
Les secteurs institutionnels regroupent les acteurs économiques, dans la comptabilité nationale, ayant des comportements économiques similaires caractérisés par leur fonction principale et la nature de leur activité. L’étude de la valeur ajoutée brute par secteur institutionnel permet aussi d’analyser la répartition de la richesse nationale.
L’élève doit comprendre que les prélèvements obligatoires sont l’ensemble des impôts et cotisations sociales prélevés par les administrations publiques et qu’ils modifient la répartition primaire des revenus dans un second temps. Ils servent à financer les dépenses prévues par le budget de l’État, des collectivités et les prestations sociales. L’impôt sur le revenu, quoique très progressif, n’occupe en France qu’une place limitée parmi les prélèvements obligatoires composés pour l’essentiel de prélèvements plus ou moins proportionnels (comme les impôts locaux et les impôts sur la consommation) ou faiblement progressifs (comme les cotisations sociales).
Enfin la composition du revenu disponible est présentée sans étudier les objectifs de la redistribution qui seront traités en terminale. Ceci, afin de pouvoir aborder dans le thème suivant, les notions de consommation et d’épargne.

Contexte et finalités
Notions
La production de biens et de services entraîne la distribution de revenus dans l’ensemble de l’économie. L’étude du revenu met en évidence la
diversité de ses origines – travail (salaires, traitements) capital (intérêts, dividendes) et propriété (loyers) – ainsi que les enjeux de la répartition initiale de ces revenus et de leur taxation en vue d’une éventuelle redistribution.
Le partage de la valeur ajoutée peut être affecté sur le long terme par des évolutions comme le progrès technique.
Par ailleurs, le processus de redistribution mis en place par l’État via les prélèvements obligatoires et les dépenses publiques vise la réduction des inégalités en corrigeant la répartition des revenus primaires. Il aboutit après affectation des revenus de transfert et des prélèvements obligatoires au revenu disponible.
Les revenus primaires : les revenus du travail, les revenus du capital, les revenus mixtes.
Le partage de la valeur ajoutée entre les différents agents économiques.
La valeur ajoutée brute par secteur institutionnel. L’imposition sur le revenu.
Les prélèvements obligatoires.

Ressources sur la dynamique de la répartition des revenus

Les revenus des ménages en France Une synthèse de l’INSEE tirée de la publication "Tableaux de l’économie française - Édition 2020" avec une documentation et des données sur tableur.
Tableau de l’économie française 2020 - Les revenus des ménages
Données INSEE - Les revenus des ménages
Les inégalités de revenus Un dossier sur le site de la Banque de France avec 4 infographies : définitions, indicateurs, évolution historique, politiques publiques.
Fiche Banque de France - Les inégalités de revenus
Revenus primaires et revenus disponibles Une courte vidéo animée qui explique à partir d’un cas concret ces notions.

Les revenus Un jeu proposé par la Banque de France surla gestion d’un budget avec des variantes par âge (16-25 ans, 26-45 ans ou plus de 45 ans). Les consignes du jeu sont sur le site et vous pouvez télécharger l’ensemble du jeu dans un dossier compressé.
Revenus du travail et revenus du capital Un dossier sur France 24 "Épargne salariale : réconcilier le travail et le capital" avec une vidéo :

Le prélèvement à la source Une vidéo explicative "Dessine moi l’économie" avec le texte de la vidéo et le schéma.
Le prélèvement à la source


Schéma prélèvement à la source


La répartition des revenus Une activité interactive sur la répartition des revenus proposée par l’académie de Montpellier
Pour accéder à l’activité interactive, attendre l’affichage de l’animation puis suivre les consignes.