DNL maths

mardi 4 février 2020
par  Philippe Arzoumanian
popularité : 18%

Les sections européennes ou de langues orientales, au lycée, ont comme objectif de renforcer les compétences linguistiques des élèves par une utilisation transdisciplinaire de la langue étrangère tout en se familiarisant avec la culture des pays où cette langue est parlée. Cet enseignement fait
converger l’enseignement des mathématiques avec l’enseignement de langue vivante et doit contribuer à renforcer les compétences des élèves dans ces deux disciplines. Il ne s’agit ni de traduire le cours usuel dans une langue étrangère, ni de dispenser « en l’état » un cours destiné initialement à des élèves d’un autre pays.
Le choix des mathématiques comme discipline non linguistique mérite d’être encouragé.
Vous trouverez en pj un diaporama réalisé par les IA-IPR de langues vivantes et décrivant la DNL.

Le cours de mathématiques au service de la pratique de la langue étrangère.

  • La langue est un vecteur de communication : l’élève prend conscience que dans d’autres pays tout se fait dans la langue propre à ce pays, c’est-à-dire que l’apprentissage d’une langue peut aussi permettre de communiquer sur des sujets spécifiques liés aux mathématiques.
  • Le caractère universel des mathématiques permet l’étude des sujets les plus divers : l’histoire (mathématiques dans l’antiquité, par exemple), l’économie (traitements de données, statistiques), les probabilités et leur utilisation (en sciences de la vie et de la Terre, en médecine, etc.), l’architecture (par exemple, le nombre d’or), l’astronomie, les nouvelles technologies, etc.
  • Certaines phases du traitement d’un problème de mathématiques (appréhension de l’énoncé et de son contexte, expérimentation, émission de conjectures, exploration de pistes de recherches, communication des résultats obtenus, retour critique sur ces résultats) facilitent les échanges et le débat.
  • Le recours aux logiciels de mathématiques (géométrie dynamique, calcul formel, tableur) lors des phases d’expérimentation ou de conjecture, permet d’engager facilement la production orale de l’élève. Plus généralement, une utilisation pertinente des TICE (exploitation de ressources web en langue étrangère lors de recherches documentaires, de podcasts, de vidéos) contribue également à augmenter la durée d’exposition à la langue.
  • Plus largement, avec des thèmes bien choisis, cet enseignement permet à l’élève de progresser dans sa maîtrise des activités langagières de réception (compréhension orale et écrite), d’expression (expression orale en continu et expression écrite) et d’interaction.
  • Les mots et expressions spécifiques aux mathématiques sont réduits et simples à comprendre : ils ne constituent pas un obstacle à la prise de parole de l’élève.
  • L’utilisation récurrente de fonctions langagières et notions spécifiques (cause,conséquence, etc.) facilite leur appropriation. Les exemples ne manquent pas : l’expression de l’infériorité et de la supériorité, les comparatifs et superlatifs, le raisonnement et l’argumentation, les conditions nécessaires « il faut que… », les conditions suffisantes « il suffit que... », les phrases interrogatives, l’expression des conjectures « il semble que... », l’emploi de phrases en « si..., alors... », l’emploi des phrases complexes (avec des mots de liaison), la description d’objets géométriques, les instructions ordonnées relatives à des constructions géométriques, la lecture des chiffres et des nombres, etc.
  • L’élève plus à l’aise en mathématiques qu’en langue, prendra plus de risques dans sa prise de parole qu’en cours de langue.

Le cours de mathématiques en langue étrangère au service de l’apprentissage des mathématiques

  • L’attention et l’intérêt des élèves se trouvent renforcés par la découverte, ou redécouverte, de certaines notions à travers le prisme d’une autre langue et d’une autre culture.
  • Cet enseignement contribue à développer davantage la pratique de l’oral en classe de mathématiques, au-delà même du cours de mathématiques en langue étrangère. D’une part, le professeur peut aisément transférer ces pratiques lors des cours habituels. D’autre part, les élèves s’habituent également à participer oralement en cours de mathématiques.
  • Le fait de travailler des notions mathématiques sur un autre registre, avec des méthodes propres au pays, permet de les appréhender de différentes façons (exemples : dans lespays anglo-saxons et en Chine, les fractions sont systématiquement décomposées comme la somme d’un entier et d’une fraction inférieure à un ; en Allemagne, la classification des quadrilatères se fait selon le nombre d’éléments nécessaires pour les construire, alors qu’en France ils sont classés selon le nombre de propriétés « du parallélogramme au carré »).
  • Dans certaines langues, les termes mathématiques utilisés facilitent la compréhension et la mémorisation de la notion. Le côté imagé et immédiatement parlant de certains termes mathématiques donne plus de sens aux objets qu’ils désignent et souvent la définition se trouve directement dans le mot (les exemples ne manquent pas : Durchmesser pour diamètre en allemand, de même Hochwert pour ordonnée ; common difference pour la raison d’une suite arithmétique en anglais, de même a one to one function pour bijection ; circuncentro pour le point de concours des médiatrices en espagnol, cateti désigne les côtés de l’angle droit d’un triangle rectangle en italien, le mot chinois pour algorithme est suànfǎ 算 法 qui veut dire littéralement « méthode de calcul », alors que l’étymologie du mot français n’est pas transparente).
  • L’élève plus à l’aise en langue vivante qu’en mathématiques se sent valorisé et gagne en assurance.
  • L’élève a affaire à un enseignant qui prépare son cours de façon « double ». L’enseignant est donc plus attentif, dans sa démarche pédagogique en classe, à bien faire comprendre le but du problème posé, à reformuler autrement les questions, à créer le débat en classe, à aménager des pauses récapitulatives.

La dimension culturelle de l’enseignement de mathématiques en langue étrangère est multiple.

  • Tout d’abord, l’étude de données statistiques liées à l’actualité prend tout son sens lorsque les élèves connaissent le contexte culturel du pays concerné. On trouve facilement de telles données dans les médias (presse, internet) : élections présidentielles aux USA (possibilité d’obtenir une majorité en sièges sans obtenir une majorité en voix), évolution démographique en Chine, situation économique de l’Allemagne (disparité entre les Länder), évolution de l’immigration en Amérique du Nord. Plus simplement, certains exercices, à travers l’étude de situations issues de la vie quotidienne (proportionnalité, pourcentage, probabilité), font appel à des données culturelles propres au pays (unités de mesure, monnaie, etc.).
  • De plus, l’étude de textes scientifiques en langue étrangère, de biographies de mathématiciens étrangers, des visites de musées (Arithmeum à Bonn, l’Observatoire Royal de Greenwich), de sites (Alhambra de Grenade) ou d’expositions enrichissent la culture scientifique de l’élève.
  • Enfin, la diversité des approches permet à l’élève de développer sa culture mathématique (place de la démarche inductive dans les pays anglophones, techniques de calcul mental issues de la tradition pédagogique chinoise,etc.).

L’enseignement des mathématiques en langue étrangère prépare l’avenir de l’élève

  • À l’heure où la mobilité des étudiants (études et stages à l’étranger, échanges) devient courante, avoir bénéficié d’un enseignement de mathématiques en langue étrangère représente une véritable plus-value.
  • De plus, de nombreux ouvrages universitaires et scientifiques de référence sont rédigés dans une langue étrangère. Il n’est pas rare que dans le Supérieur, une partie des enseignements soit dispensée dans une langue étrangère.
  • Enfin l’élève enrichit son portfolio de compétences en vue de son avenir professionnel.

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