Volume, lumière, couleur. Charles BICHET

vendredi 1er juillet 2016
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La Banque d’Images présente pour cet été 2016 cinq tableaux réalisés par Charles BICHET et actuellement visibles au Musée des Beaux-Arts de Limoges dans le cadre de l’exposition "VOLUME, LUMIÈRE, COULEUR. CHARLES BICHET". Cet événement est lui-même intégré à l’exposition-parcours intitulée "La Creuse, une vallée-atelier, ITINERANCES ARTISTIQUES, A. Österlind, C. Bichet, E. Alluaud, A. Smith", qui se déroule dans quatre musées répartis en Limousin et dans le Berry jusqu’à la fin du mois de septembre 2016.

Charles BICHET (Paris, 1863 - Limoges, 1929) a laissé une empreinte forte dans le paysage artistique de Limoges. Formé aux arts décoratifs à Paris, élève doué, il est recruté en 1890 par l’Ecole des arts décoratifs de Limoges pour dispenser un enseignement (cours élémentaire de dessin, puis enseignements de composition d’ornements, de peinture de fleurs et de gravure à l’eau forte). Dans un même temps, Charles BICHET poursuit une activité d’artiste, qui réalise une production très académique jusqu’en 1903. Cette date marque un tournant dans sa vie de peintre : la découverte de l’Impressionnisme entraine chez lui une profonde remise en question de sa façon de peindre et l’amène à s’éloigner des principes académiques, certes sans les rejeter totalement mais au point de brûler plus de 300 toiles et dessins réalisés jusqu’alors. Sa manière de peindre évolue, sous l’influence d’amis tels que Paul THOMAS (1868-1910) ou de peintres avec qui il est en contact, tels qu’Armand GUILLAUMIN (1841-1927) ou encore d’artistes renommés dont il admire les oeuvres, comme CEZANNE. Son itinérance limitée à un périmètre restreint -essentiellement centré autour de sites limousins : de Peyrat-le-Château, d’Eymoutiers, de Châteauponsac et de Bugeat ; à l’intérieur de Limoges et dans son environnement proche ; aux bords de la Gartempe, de la Vienne et de l’Aurence- le conduit à faire évoluer sa manière de peindre le paysage. Son détachement de l’Académisme va de pair avec une envie d’explorer les différents mouvements ayant traversé la fin du XIXe et le début du XXe siècles -japonisme, fauvisme, cubisme...- sans jamais se contenter de copier ou de pousser les recherches aussi loin que ses contemporains, la préoccupation du peintre étant de parvenir à la "plénitude" d’une oeuvre. Celle-ci doit être le résultat harmonieux de trois éléments indissociables : le volume, la lumière et la couleur.

Ces oeuvres présentées ici témoignent de la crise artistique existentielle de Charles BICHET, et peuvent être abordées en classe, dans le cadre de l’enseignement de l’Histoire des Arts, dans le prolongement d’une visite de l’exposition ou en tant que telles.
Les différents courants artistiques mentionnés dans le diaporama sont décrits dans le dossier pédagogique réalisé par le Musée des Beaux-Arts à l’attention des professeurs du second degré souhaitant visiter l’exposition avec leurs classes : principales caractéristiques, chronologie, artistes représentant ces courants.


Charles BICHET (1863-1929), Paysage dans les gorges de Châteauponsac, 1902

Huile sur toile

Musée des Beaux-Arts de Limoges, inv. P.044 (dépôt musée Adrien Dubouché, 1963)

Lorsque Charles Bichet peint cette toile (66 cm de haut sur 82,5 cm de large) en 1902, le peintre enseigne le dessin depuis presque vingt ans. Professeur à l’Ecole des Arts décoratifs de Limoges depuis 1890, il mène également une activité artistique personnelle. Ses productions sont -de par sa formation- empreintes d’académisme, et depuis son installation en Limousin, il affectionne particulièrement la réalisation de paysages.
Cette toile représente un paysage du Nord de la Haute-Vienne, aux environs de Châteauponsac, lieu qui n’est pas étranger à Bichet : il s’y rend à plusieurs reprises pour le peindre. Le tableau représente un paysage de lande, à l’aspect minéral et aux tons marron et verts. Sur un sentier partant du coin inférieur droit, contournant une colline (à gauche de la toile), marchent deux femmes dont on distingue la silhouette au centre du tableau. Vers l’arrière-plan, à droite, se trouve une seconde colline, sous un ciel gris et nuageux. L’oeuvre oppose des lignes de force obliques (les lignes de crêtes des deux collines, la diagonale du chemin) et verticales (les deux arbres situés à droite du tableau et les deux femmes).
Cette oeuvre correspond à la fin de la période académique de l’artiste et s’inscrit dans le mouvement naturaliste.