Vers des horizons plus scientifiques...

mardi 15 avril 2014
par  Céline GAUTIER
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A l’issue des deux premières années de cette expérimentation, je me sentais certes très enthousiaste face à ce travail de réflexion mené en équipe : ces échanges me paraissaient enrichissants et motivants, me permettant ainsi d’aborder mes pratiques sous un angle nouveau, de développer ma réflexion quant à l’enseignement des langues vivantes de façon plus novatrice et de remettre en question des méthodes d’apprentissage grâce à un partage incessant d’idées et d’expériences.

Cependant, notre « expérimentation » ne dépassait pas les frontières des langues vivantes, ce qui était tout à fait légitime puisque notre ERR travaillait sur « L’enseignement des langues vivantes en passant par une langue inconnue » !

C’est pourquoi lorsque mes collègues de Mathématiques me firent part de leur intention de « faire des Mathématiques en Anglais », je vis là l’opportunité d’élargir mon champ d’expériences au domaine scientifique, en exploitant cette fois-ci une langue idéale pour une réflexion sur le plurilinguisme, une langue que mes collègues de cette discipline se plaisent à appeler « LA langue universelle » : la langue des Mathématiques !

Bien que perplexe quant à ma capacité de mener à son terme une réflexion mathématique en langue anglaise, je me lançai dans cette nouvelle aventure avec envie et motivation. Suivant les traces de mon collègue de Mathématiques qui avait déjà résolu quelques problèmes en Anglais avec nos classes de 6ème, je proposai à mes plus jeunes élèves une séance de problèmes mathématiques en Anglais.

Je dois avouer qu’une fois de plus, je sous-estimai leurs capacités et leur degré d’autonomie puisque je pus rapidement constater que les activités que je leur proposais étaient trop guidées (« de peur qu’ils ne comprennent pas l’énoncé !... ») et que plusieurs d’entre eux comprenaient parfaitement la consigne sans explicitations supplémentaires. Cette séance fut à nouveau l’occasion de contempler leur plaisir et leur motivation face à ces problèmes mathématiques dont l’énoncé était en langue anglaise et dont la résolution fut menée dans la même langue.

Lors de cette réflexion collective à travers un travail en « ilôts », je pus constater à quel point le travail en équipe est stimulant, productif et valorisant pour nos élèves. Alliant leurs points forts respectifs (goût pour les langues vivantes pour certains, excellente logique mathématique pour d’autres), ils réussirent ainsi à atteindre cet objectif qui leur paraissait si improbable au départ : « faire des Maths en Anglais » !

Quelle fierté ce fut pour eux d’énoncer en Anglais la solution du problème sur lequel ils avaient réfléchi en groupe avec persévérance et ténacité ! Et quel plaisir ce fut pour moi de constater que nos élèves ne demandent qu’à découvrir et à ouvrir leur esprit sur des expériences nouvelles … tout en apprenant !...

Céline Gautier

Enseignante d’Anglais

Collège Jean Monnet

Châteauneuf-la-Forêt